Formation professionnelle dans la recherche et la pratique
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Movetia soutient l’échange de spécialistes de la formation professionnelle

Impulsions d’Australie pour la filière suisse habilitant à enseigner dans la formation professionnelle

De nombreux pays à travers le monde possèdent un système bien structuré de la formation professionnelle – même si les compétences sont principalement enseignées à l’école et durant des stages. L’Australie en est un exemple. Dans le cadre d’un séjour de formation continue, deux responsables de filières d’études de la Haute école fédérale en formation professionnelle HEFP ont bénéficié d’un aperçu approfondi de la formation des enseignantes et enseignants de la formation professionnelle au Royal Melbourne Institute of Technology RMIT ainsi que du système australien de la formation professionnelle dans son ensemble. L’échange professionnel sur place à Melbourne a permis d’avoir des perspectives différenciées et des discussions enrichissantes.
Indépendamment de ce séjour, un projet a été réalisé pour comparer la formation du corps enseignant des écoles professionnelles en Suisse et en Australie. Il offre des impulsions précieuses pour le développement continu des filières de formation suisses – y compris l’idée de mettre davantage l’accent sur la capacité à organiser des examens de qualité. Le projet a été soutenu par Movetia.

Étude de la Haute école pédagogique de Berne

Les maladies psychiques comme facteur de risque dans la transition vers les formations postobligatoires

Les élèves du degré secondaire I souffrant d’un trouble anxieux ou d’une dépression ont plus de chances de retarder leur entrée dans la formation postobligatoire que les élèves comparables qui ne souffrent pas d’un tel trouble. De plus, les personnes concernées courent un risque plus élevé d’abandonner leur formation ou de changer d’entreprise formatrice. C’est ce que montre une étude partielle réalisée dans le cadre du projet Labirint (cf. Transfert). Les résultats soulignent l’importance de la prévention, du dépistage précoce et du traitement des troubles anxieux ou dépressifs chez les jeunes. Les jeunes concernés devraient donc bénéficier d’un soutien adéquat lors de leur entrée dans une formation postobligatoire (orientation professionnelle, candidature, recherche d’une formation ou d’une place d’apprentissage). Selon l’étude, plus une maladie psychique est diagnostiquée et traitée tôt, meilleur est le pronostic pour le reste de la vie.

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Étude de la Leading House VPET-ECON

Des salaires plus élevés pour les travailleurs qualifiés augmentent la volonté de former

Avec l’accord sur la libre circulation des personnes, le marché du travail suisse s’est ouvert aux frontaliers allemands en 2002. L’exode massif de main-d’œuvre qualifiée qui s’en est suivi, des régions frontalières allemandes vers les régions frontalières suisses mieux rémunérées, a entraîné une augmentation du nombre de places de formation dans les entreprises allemandes, bien que les salaires des apprentis soient restés inchangés. C’est ce que montre une étude de la Leading House VPET-ECON (Caroline Neuber-Pohl, Damiano Pregaldini, Uschi Backes-Gellner, Sandra Dummert, Harald Pfeifer). Selon les auteurs, ce résultat suggère que l’amélioration des perspectives salariales pour les travailleurs qualifiés, plutôt que l’ajustement des salaires des apprentis, peut contribuer à combler les lacunes en matière de formation et à réduire la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

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Publication d'un ouvrage sur la « formation intégrée aux études » en Allemagne

Plus qu’une formation, plus que des études

Le nombre d’étudiants en formation duale en Allemagne a fortement augmenté au cours des 20 dernières années (plus de 120 000 en 2022 dans 1 749 cursus duaux), même si cela reste marginal par rapport au nombre total d’étudiants ou de cursus. Une publication (Dieter Euler, Nicole Naeve-Stoß, Eckart Severing, en libre accès) examine le rôle et les conditions de réussite de la « formation intégrée aux études » (SiA), déjà présentée par Dieter Euler dans Transfer. Dans cette variante des études en alternance, un niveau de base commun avec des contenus liés aux études est intégré ; les apprenants choisissent ensuite entre un diplôme professionnel, un diplôme universitaire ou un double diplôme. L’un des éléments centraux est le coaching en matière de parcours éducatif afin d’aider à la prise de décision. Les sites se trouvent à Hambourg et dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

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Série d’études menée pour connaître la prévalence du surpoids et les performances en motricité sportive de jeunes scolarisés dans différents types d’établissements scolaires 

Un jeune en apprentissage sur quatre est en situation de surpoids voire d’obésité

Nombreux sont les jeunes en situation de surpoids voire d’obésité (c’est-à-dire dont le surpoids est important). Une observation que vient confirmer la dernière enquête de monitoring portant sur la prévalence du surpoids et les performances en motricité sportive des élèves, menée dans le canton de Lucerne. Les résultats de cette enquête pour la formation professionnelle sont fortement préoccupants : les jeunes en apprentissage pratiquent nettement moins d’activités sportives durant leur temps libre que les élèves scolarisés dans des gymnases, et sont davantage touchés en moyenne par le surpoids. Il convient pour cette raison, d’après l’auteur de l’étude, d’encourager la pratique régulière et obligatoire d’activités sportives dans le cadre d’un engagement sur le long terme – une approche qui doit pouvoir être déployée au sein du système de formation duale également.

Le projet « SprachVermögen » de l’École de mode et de design de Zurich (BSMG)

Comment porter un regard collectif sur la lecture vient consolider le système de formation professionnelle

Nombreux sont les jeunes dont les compétences en expression orale, lecture et écriture sont insuffisantes. Afin de relever ce défi dans le quotidien scolaire, le projet SprachVermögen a été lancé à l’École de mode et de design de Zurich (BSMG). Il fait de la promotion des compétences linguistiques des jeunes la tâche de toutes les matières. Une évaluation a montré que le succès du modèle dépendait de son pilotage stratégique par la direction scolaire, de la présence d’un accompagnement constant ainsi que de l’appui des institutions. À l’heure où le recours à l’intelligence artificielle (IA) se généralise, le soutien apporté aux compétences linguistiques des jeunes devient de plus en plus pressant.

Thèse sur la coopération en matière de formation professionnelle à l’échelle internationale

Pourquoi la formation professionnelle ne peut pas être exportée – mais pourquoi l’on essaie quand même (parfois avec succès)

La formation professionnelle duale est considérée dans le monde entier comme un modèle de réussite. On l’associe à un taux peu élevé de chômage chez les jeunes, à une haute productivité ainsi qu’à une solide inclusion sociale, ce qui en fait une « bonne pratique » très convoitée. Et pourtant, la recherche tout comme l’expérience l’ont montré : transférer à d’autres pays ce système complexe, axé sur une coopération intensive, ne fournit un résultat que rarement durable. Alors pourquoi ce modèle continue-t-il malgré tout d’être exporté ; et comment cela peut-il réussir, malgré les conditions défavorables ?

Évaluation de la HEFP concernant le projet Lift

Lift aide les jeunes dans leur transition vers le monde du travail

Le projet Lift accompagne les jeunes qui ont besoin d’aide dans leur transition vers le monde du travail. Il est présent dans 21 cantons et 390 écoles partenaires dans toutes les régions linguistiques de Suisse. Il repose essentiellement sur des stages hebdomadaires de courte durée dans des entreprises locales, où les jeunes effectuent des tâches pratiques simples pendant plusieurs mois. Une évaluation de la HEFP (Lars Balzer) montre que 68 % des jeunes qui ont suivi le programme ont directement intégré une formation professionnelle initiale, dont 77 % au niveau CFC. Le taux d’abandon est de 16 %. Les résultats varient considérablement d’un canton à l’autre.

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Econcept évalue la recherche en formation professionnelle financée par le SEFRI

L’évaluation recommande de ne plus lancer d’appel d’offres pour les Leading Houses

Depuis plus de 20 ans, la Confédération encourage la recherche en formation professionnelle en Suisse. Elle souhaite ainsi contribuer au développement de la formation professionnelle sur la base de données factuelles. Une évaluation réalisée par econcept conclut que ce soutien est globalement efficace et recommande donc de le poursuivre dans le cadre de la recherche sectorielle de la Confédération. L’évaluation formule toutefois sept recommandations, estimant qu’il existe un potentiel d’amélioration à différents niveaux. Le SEFRI pourrait ainsi mettre davantage l’accent sur la visibilité et la valorisation des résultats et jouer un rôle de passerelle entre la recherche et l’application. Il est également recommandé au SEFRI de ne plus lancer d’appels d’offres pour de nouvelles Leading Houses, mais de reprendre et de développer l’instrument des projets individuels et de l’adapter de manière à promouvoir de manière ciblée la formation professionnelle comme objet de recherche.

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Le SEFRI publie le plan directeur de recherche Formation professionnelle 2025-2028

Pas de nouvelles priorités

Le SEFRI a publié le plan directeur de recherche Formation professionnelle 2025-2028. Il y maintient provisoirement les axes prioritaires et les thèmes prioritaires actuels. Le programme d’encouragement s’appuie donc sur les documents stratégiques existants, qui ont toutefois été partiellement actualisés, notamment les objectifs communs de la Confédération et des cantons en matière de politique de formation, l’initiative « Formation professionnelle 2030 » et le message FRI. Aucun nouvel axe de recherche n’a été défini. Les domaines prioritaires de la recherche en matière de formation professionnelle restent donc la gouvernance et le partenariat, l’intégration et l’égalité des chances, l’apprentissage tout au long de la vie, l’enseignement et l’apprentissage dans la formation professionnelle.

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Publication dans le Journal of Economic Behavior & Organization

L’IA augmente la volonté de former les jeunes

Les entreprises allemandes qui introduisent l’IA augmentent le nombre de places de formation pour les apprentis au lieu de le réduire, comme on le craint souvent. C’est la principale conclusion d’une étude menée par Samuel Mühlemann (Université Ludwig-Maximilian de Munich). Cette étude s’appuie sur le panel de qualification du BIBB, un ensemble de données représentatif unique en son genre contenant des informations sur l’utilisation de l’IA et la formation initiale et continue. Selon M. Mühlemann, ce résultat est logique. Le prix Nobel Joel Mokyr avait déjà démontré l’importance des apprentis, qui ont rapidement diffusé les nouvelles technologies, lors de la révolution industrielle en Angleterre. M. Mühlemann a également constaté qu’après l’introduction de l’IA, les entreprises motivaient davantage leurs employés à se former pour exercer des activités hautement qualifiées. Cependant, les licenciements et les nouvelles embauches de personnel qualifié n’ont pas changé de manière significative, du moins pas pendant la période d’observation 2019-2023.

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Document ASOU rédigé à la demande de la Conférence suisse pour l'orientation professionnelle, universitaire et de carrière

Bases pour une meilleure promotion des compétences en matière d’orientation professionnelle

En Suisse, environ un quart à près d’un tiers des étudiants abandonnent définitivement leurs études supérieures, tandis qu’une autre partie change de discipline. L’ASOU (Association des spécialistes du conseil en orientation et de l’information documentaire des gymnases et des hautes écoles) a présenté un document visant à mieux promouvoir les compétences en matière d’orientation professionnelle, qui doivent être garanties tout au long de la scolarité secondaire. Parmi les conditions préalables figurent une coopération intensive entre les universités, les services d’orientation universitaire et les écoles, une offre d’information améliorée et des concepts OPUC (orientation professionnelle, universitaire et de carrière) fiables au niveau cantonal ou scolaire. La contribution des enseignants du gymnase est également indispensable. Le rapport présente aux écoles, mais aussi aux enseignants, un ensemble complet d’idées concrètes de mise en œuvre et d’aides à la compréhension.

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Étude de la HEFP sur l’empathie du corps enseignant dans le secondaire II au Tessin

Enseigner, c’est aussi un travail émotionnel

Les émotions en classe ne sont pas un détail marginal, mais font partie intégrante de la vie professionnelle du corps enseignant. Pour les gérer correctement, il faut faire preuve d’empathie, c’est-à-dire être capable de percevoir et de comprendre ses propres émotions et celles des autres. Une étude menée au Tessin auprès de plus de deux cents enseignants du niveau secondaire II montre que l’empathie joue un rôle crucial dans le bien-être personnel, l’efficacité perçue et le style didactique. L’empathie n’est toutefois pas un phénomène univoque : elle peut favoriser des pratiques pédagogiques de qualité ou, si elle est mal gérée, augmenter le risque d’épuisement. Réfléchir aux émotions qui émergent, à la façon dont elles sont vécues et dont elles peuvent être régulées de manière fonctionnelle constitue aujourd’hui un défi central pour la pédagogie.

Labirint – un projet mené dans le cadre de l’étude longitudinale bernoise sur les mesures d’intégration scolaire (Belima) de la Haute école pédagogique de Berne

Les effets à long terme des mesures d’intégration scolaire sur les parcours de formation postobligatoires

De plus en plus, les enfants et adolescents présentant des besoins éducatifs particuliers sont scolarisés dans des classes normales. Il existe toute une série de mesures dédiées à leur intégration scolaire. Le présent article entend montrer, à partir de l’exemple offert par le canton de Berne, quels peuvent être les effets à long terme de ces mesures sur la transition vers le degré secondaire II. La mesure de compensation des désavantages, par exemple, ne produit aucun effet négatif involontaire. Un exemple opposé est celui des « objectifs d’apprentissage individuels revus à la baisse », qui ont tendance à orienter les élèves vers des parcours de formation moins exigeants. L’article montre par ailleurs que l’accès à la mesure de compensation des désavantages se fait sur la base d’une sélection sociale, profitant ainsi, en premier lieu, aux jeunes issus de familles privilégiées.

La formation professionnelle en pleine mutation

Les « academic drifts » de la formation professionnelle

Les diplômes de la formation professionnelle supérieure s’accompagneront bientôt des titres complémentaires « Professional Bachelor » et « Professional Master ». Une nouvelle étape qui est le dernier exemple en date d’une « academic drift » de la formation professionnelle. Nous discuterons dans l’article ici présent de trois domaines fondamentaux également touchés par des « academic drifts », à savoir la formation des enseignant-e-s des écoles professionnelles, la formation professionnelle supérieure (FPS) et la formation (professionnelle) continue dispensée par les hautes écoles.

Le projet « Flügge » de la Haute école intercantonale en pédagogie spécialisée (HfH)

Des parents plus étroitement impliqués dans le processus d’orientation professionnelle

La transition de l’école au monde du travail constitue un défi de taille pour les jeunes en situation de handicap, qui dépendent dans une large mesure du soutien apporté par leurs parents. Afin d’aider ces derniers à mieux assumer leur rôle, la Haute école intercantonale en pédagogie spécialisée (HfH) a mis sur pied le projet « Flügge », qui a ensuite été testé et évalué. Si les premiers résultats obtenus sont encourageants, certains ajustements ont été requis – le nombre de réunions avec les familles a ainsi été réduit, et l’on a fait appel à des interprètes pour assister les parents allophones.

Évaluation des effets du financement axé sur la personne dans la formation professionnelle supérieure

Allègement pour les employé·e·s et les employeurs, mais aussi effets d’aubaine

Depuis 2018, la Confédération soutient financièrement, par le biais du financement par sujet, les personnes qui suivent des cours préparatoires aux examens professionnels fédéraux (EP) et aux examens professionnels supérieurs (EPS). Une évaluation réalisée par le bureau Bass montre qu’en 2022, environ 60 000 personnes auront reçu au total 350 millions de francs. Cette mesure a principalement permis de compenser la suppression des anciennes contributions cantonales aux prestataires de cours. Mais cela a également allégé la charge financière des diplômés et des employeurs, alors que les frais de cours ont augmenté (d’environ 10 % entre 2018 et 2020). Il n’est pas encore possible de déterminer si le financement par sujet augmente la participation à la formation continue. Le nombre de participants et de diplômes aux examens professionnels a certes augmenté, mais cela est peut-être dû à la pandémie de coronavirus. Aucune augmentation n’est perceptible pour les examens professionnels supérieurs.

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Comment s’est développée la formation initiale de deux ans (AFP)

Histoire à succès entre inclusion et orientation vers le marché du travail ?

Avec la nouvelle loi sur la formation professionnelle, la formation initiale de deux ans a été créée il y a vingt ans ; elle mène à l’attestation fédérale de formation professionnelle (AFP). Le modèle peut être qualifié de succès : chaque année, environ 7 000 apprenties et apprentis terminent l’apprentissage avec succès. Plus de 80 % sont, après leur apprentissage, actifs professionnellement ou en formation tout en travaillant. Aussi convaincants que ces chiffres puissent paraître, l’introduction de nouvelles offres comporte de nombreux obstacles. L’un d’eux est que les apprenties et les apprentis puissent effectivement être employés de manière productive. Ceci est mis en évidence par une étude de la HEFP.

Cadre d'orientation pour la participation numérique des apprenants handicapés

Comment concevoir des offres de formation numériques adaptées à l’inclusion ?

Les organismes de formation en font encore trop peu pour l’inclusion des apprenants handicapés. La raison principale : une prise de conscience insuffisante des difficultés de participation et l’absence de stratégies pour y remédier. C’est ce qu’a montré le projet de recherche « Participation numérique des personnes handicapées à la formation professionnelle » (Transfer 10 [5]). Sur la base des résultats obtenus, les chercheurs ont désormais développé un cadre d’orientation qui aide les responsables politiques et les praticiens à mettre en œuvre efficacement les objectifs de participation. Afin de renforcer durablement la participation numérique, il convient de distinguer deux niveaux d’action : les mesures individuelles et les mesures structurelles. Le cadre comprend neuf domaines thématiques qui s’adressent à tous les groupes cibles concernés.

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Analyse des chiffres de l'OFS par l'Union patronale suisse

Pénurie de main-d’œuvre qualifiée et augmentation du nombre de diplômés universitaires au chômage

Depuis 2010, le nombre de titulaires d’un master à la recherche d’un emploi a augmenté de 70 %, tandis qu’il a diminué de 40 % pour les personnes ayant suivi une formation professionnelle initiale. C’est ce qui ressort d’une analyse des données de l’Office fédéral de la statistique (Patrick Chuard-Keller, Union patronale suisse). La Suisse forme de plus en plus de diplômés universitaires, mais le marché du travail ne les absorbe pas au même rythme. Selon Patrick Chuard-Keller, un niveau d’éducation plus élevé protège de moins en moins contre la perte d’emploi. Sa conclusion : « Un pays qui consacre de plus en plus de ressources à l’enseignement universitaire affaiblit parfois involontairement le parcours éducatif qui soutient le plus sa compétitivité à long terme, à savoir la formation professionnelle. »

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Entretien dans « Education Permanente » avec Erik Haberzeth

La recherche sur la formation continue en Suisse ? « Très insatisfaisante »

Erik Haberzeth a occupé de 2016 à 2024 la chaire de formation professionnelle supérieure et de formation continue à la Haute école pédagogique de Zurich (PHZH) ; il travaille désormais à l’Université technique de Chemnitz. Dans un long entretien publié dans la revue « Education Permanente » (EP), il porte un regard critique sur l’état de la recherche sur la formation continue en Suisse, qu’il juge « très insatisfaisant ». Il déplore l’absence d’ancrage universitaire et académique de la formation des adultes en tant que discipline scientifique. C’est pourquoi il n’y a pratiquement pas d’analyses ni de discussions sur le fonctionnement – ou le dysfonctionnement – du marché de la formation continue. L’impact des bons de formation continue ou du financement axé sur les personnes de la formation professionnelle supérieure n’est pas non plus évalué. Pourtant, aucun autre domaine de l’éducation ne touche autant de personnes que la formation des adultes et la formation continue.

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Rapport final de l'évaluation nationale PAI mandatée par le Secrétariat d'État aux migrations (SEM)

Préapprentissage d’intégration : des résultats remarquablement bons

Le préapprentissage d’intégration (PAI) est une offre transitoire duale d’une durée d’un an destinée aux réfugiés reconnus, aux personnes admises à titre provisoire, aux immigrants tardifs et aux personnes bénéficiant du statut de protection S qui ne disposent pas d’un diplôme reconnu du degré secondaire II. Lancé en 2018, le programme est proposé de manière régulière dans 20 cantons depuis 2024. Plus de 4700 personnes (principalement originaires d’Érythrée, d’Afghanistan et de Syrie) y ont participé jusqu’à présent. Le rapport final de l’évaluation nationale (PH Bern, Barbara E. Stalder, Marie-Theres Schönbächler) est désormais disponible. Les résultats sont remarquables : 83 % des participants au PAI terminent le programme avec succès. Parmi eux, 70 % entament directement une formation professionnelle initiale, le plus souvent avec une AFP (49 %), plus rarement avec un CFC (21 %). La proportion de femmes ayant intégré le programme a augmenté au fil des ans et s’élevait dernièrement à 42 %.

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